Quel avenir pour les relations franco-américaines ?

Remy Legaros
6 Min Read
L'Australie se retire de son contrat avec les français

Les États-Unis et la France, alliés depuis plus de deux cents ans, sont aussi connus pour leur amour commun de la liberté qui les unit et sous-tend leur longue alliance. Grâce à ces valeurs communes, les deux pays ont affronté ensemble les grands défis auxquels ils ont été confrontés. Chaque fois que l’essentiel est en jeu, chaque fois que les valeurs qui fondent notre civilisation sont menacées, nos deux pays se retrouvent tout naturellement côte à côte au service de la même cause. La lutte contre le terrorisme est l’exemple le plus frappant de cette coopération. En plus, il faut aussi noter des liens économiques et politiques denses et mutuellement bénéfiques pour les deux pays. Selon les informations publiées par l’ambassade de France aux États-Unis, le taux des échanges de biens et services entre les deux pays dans les années 2010-2019 a augmenté de 36%. Les échanges s’élevaient à 139 Mds USD en 2019 entre deux pays. Par ailleurs, dans les domaines politiques, ces deux alliés étaient toujours en étroite collaboration sur les théâtres d’action en Afrique et au Moyen-Orient.

Les deux moments clés dans l’histoire des relations franco-américaines

Mais ces liens profonds noués en amitié ont d’ailleurs connu plusieurs ruptures durant ces vingt dernières années. Nous les mentionnons brièvement :

Le moment de l’invasion de l’Irak, ordonnée en 2003 par George W. Bush dans le contexte de l’après 11septembre et le “non” de la France à cette guerre au sein du conseil de sécurité de l’ONU, a causé une grande rupture stratégique entre deux pays qui était sans précédent depuis la présidence de Charles de Gaulle. Mais l’opposition de la France à la guerre d’Irak lui avait donné un prestige immense. C’était vrai non seulement dans les pays arabes et musulmans, mais aussi sur l’ensemble de la planète, y compris dans les pays où les dirigeants étaient favorables à la guerre, sauf aux États-Unis et en Israël.

Deuxième tension dans les relations franco-américaines est apparue à la suite de la trahison des États unis le 31 aout 2013. À ce moment-là, François Hollande se trouve à l’Élysée quand il reçoit un appel dans la soirée du président américain, Barack Obama. Celui-ci lui explique qu’il compte consulter le Congrès avant de lancer toute attaque contre Bachar el-Assad, accusé d’avoir attaqué son peuple à l’arme chimique et d’avoir franchi la “ligne rouge” fixée par les démocraties occidentales. Alors que François Hollande avait décidé à “punir” le dirigeant syrien, et pensait indûment compter sur le dirigeant américain. Cette fois-ci la décision américaine avait de graves conséquences pour la France. Ce pays qui était toujours favorable aux solutions pacifiques pour résoudre des conflits internationaux, avait consisté sur une décision belliciste envers la Syrie. En effet elle a obtenu son premier « coup dans le dos » par les Américains.

Il faut que l’Europe reprenne son destin en main

Après l’élection aux États-Unis et la prise de pouvoir de l’élu démocrate, Ce n’est un secret pour personne que les Français et les autres décideurs politiques européens étaient satisfaits des résultats afin de réparer les relations qui ont été endommagées à l’époque Trump, qui a affecté non seulement la France, mais aussi l’OTAN, l’Union européenne, l’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation mondiale du commerce. À tort. D’abord le traumatisant retrait d’Afghanistan et après voler le contrat des sous-marins en négociant en toute discrétion. Selon le chef de la diplomatie française, « Cette décision unilatérale, brutale, imprévisible, ressemble beaucoup à ce que faisait M. Trump. »

Dans l’affaire des sous-marins, « le choix américain qui conduit à écarter un allié et un partenaire européen comme la France d’un partenariat structurant avec l’Australie, au moment où nous faisons face à des défis sans précédent dans la région Indopacifique, que ce soit sur nos valeurs ou sur le respect d’un multilatéralisme fondé sur la règle de droit, marque une absence de cohérence que la France ne peut que constater et regretter. » A-t-il déclaré dans un Communiqué conjoint avec Florence Parly, ministre des Forces armées le 16 septembre 2021.

En définitive, alors que les critiques envers les faiblesses de l’alliance atlantique sont en hausse et que l’annulation du « contrat du siècle » a provoqué la colère des Français, les États-Unis restent encore des alliés de la France. En revanche, « la crise des sous-marins montrait que l’Union européenne ne pouvait “plus compter” sur les États-Unis pour garantir sa protection », a estimé le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire en appelant les Européens à “ouvrir les yeux”.

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