La demande de restitution de la Statue de la Liberté à la France, portée par le député européen Raphaël Glucksmann, incarne un ressentiment croissant face à une Amérique en pleine dérive autocratique. Autrefois alliée indéfectible de Washington, la France s’interroge aujourd’hui sur l’hégémonie culturelle et morale d’un pays dirigé par un homme qui piétine allègrement les principes fondateurs du monde libre. Glucksmann ne s’y trompe pas : « Cette statue incarne des valeurs que Trump détruit chaque jour. »
La statue appartient à ceux qui défendent ses valeurs
« Rendez-nous la statue de la Liberté ! » a lancé dimanche Raphaël Glucksmann lors du congrès de son parti, Place Publique. S’adressant aux « Américains qui ont choisi de basculer du côté des tyrans », il a dénoncé un système qui réprime les esprits libres : « On vous en a fait cadeau, mais apparemment vous la méprisez. Alors elle sera bien mieux ici, chez nous. »
Depuis son inauguration en 1886, cette œuvre de Bartholdi, offerte par la France pour célébrer le centenaire de l’indépendance américaine, a symbolisé un idéal universel de liberté. Or, sous Trump, l’Amérique s’éloigne dramatiquement de cet héritage. La restitution de la Statue de la Liberté à la France s’impose donc comme un geste de justice historique.
Trump, Musk et la purge anti-scientifique
Le régime trumpiste, par ses coupes budgétaires et sa répression de la pensée critique, a provoqué un exode massif de chercheurs, dont beaucoup se sont tournés vers la France. Glucksmann dénonce : « Si vous virez vos meilleurs chercheurs, ceux qui ont fait de votre pays une superpuissance, nous, nous allons les accueillir. » L’exil de ces intellectuels ne fait que renforcer la nécessité d’une réaffirmation des principes fondateurs de la liberté scientifique et d’expression.
Une fracture culturelle et politique irréversible
L’appel de Glucksmann à une « résistance démocrate » ne s’arrête pas à Trump. Il vise aussi ses alliés européens de l’extrême droite, ce « fan-club de Trump et Musk » qui gangrène nos démocraties. Un flyer distribué par Place Publique dénonce la montée d’une « internationale réactionnaire » où figurent Trump, Poutine et Marine Le Pen, ligués contre les valeurs des Lumières. Face à cette menace, la restitution de la Statue de la Liberté à la France s’impose comme un symbole d’émancipation face à une américanisation régressive.
Un signal fort pour la France et l’Europe
Derrière cette démarche, c’est un véritable tournant stratégique qui s’opère. Il ne s’agit pas seulement d’un geste symbolique, mais d’une affirmation de la souveraineté culturelle et intellectuelle de la France et de l’Europe. Se libérer des diktats américains passe aussi par une redéfinition de notre propre modèle. En appelant à la restitution de la Statue de la Liberté à la France, Glucksmann fait résonner un message clair : l’Europe doit retrouver confiance en elle et redevenir un pôle de liberté et d’innovation.
Quand la France reprenait ses cadeaux
L’histoire l’a déjà prouvé : lorsqu’un symbole est dévoyé, il doit être rapatrié. En 1939, face à la montée du nazisme, la France avait récupéré plusieurs œuvres d’art offertes à l’Allemagne. Patrick Boucheron analyse : « Glucksmann s’inscrit dans cette tradition de sauvegarde des valeurs. » La restitution de la Statue de la Liberté à la France ne relève donc pas d’un caprice nationaliste, mais d’une impérieuse cohérence morale.
Conclusion
L’heure est venue de choisir : la Seine plutôt que l’Hudson; continuer à idolâtrer un empire en pleine déliquescence ou réaffirmer notre propre destin. Rapatrier la statue sur les berges de la Seine, c’est rendre aux Lumières leur patrie. La restitution de la Statue de la Liberté à la France ne signe pas une rupture, mais l’aube d’une renaissance : celle d’une Europe fière, libre et pleinement souveraine.