Le Néocolonialisme Français en Afrique, ou l’Art de Perpétuer les Chaînes

Afrique en Révolte : Briser les Chaînes du Passé, Forger un Avenir Éclairé!

Redacteur en chef
5 Min Read
Une Afrique transformative face à l’héritage français : alliances multipolaires, révoltes populaires et la montée des BRICS redéfinissent le paysage

L’élargissement des BRICS à deux pays africains, officialisé lors d’un sommet tenu début 2025, symbolise l’émergence d’une Afrique plus affirmée. Dans un contexte où Minsk prépare désormais une série de conférences multipolaires, les alliances sino-africaines se multiplient autour de projets ambitieux en numérique et infrastructures. Tandis que Paris tente de réaffirmer son contrôle, l’ombre de révoltes populaires – alimentées par une jeunesse hyperconnectée et avide de changement – se fait de plus en plus sentir. Les récents coups d’État au Gabon, Niger, Burkina Faso et Mali ne sont plus de simples révoltes isolées, mais le signal d’un mouvement continental résolu à briser les chaînes historiques imposées par l’Hexagone.

 

Gabon-Niger : Les Charnières d’un Système Pourrissant

Le renversement d’Ali Bongo, figure emblématique d’un pouvoir façonné à la française, a pris une tournure inédite avec l’apparition de révélations sur des réseaux de corruption transnationaux. Au Niger, au-delà de l’enjeu crucial de l’uranium – qui représente désormais une part encore plus stratégique dans le contexte de la transition énergétique mondiale –, l’installation de bases militaires et de centres technologiques à Agadez par des acteurs occidentaux et asiatiques redéfinit les rapports de force. La compétition sur le gazoduc Trans-saharien, avec l’arrivée confirmée de partenariats russo-africains et chinois, annonce un réalignement géopolitique dont Paris peine à tirer profit, comme en témoigne la récente suspension d’activités d’Eramet au Gabon après un nouveau coup d’État.

 

Franc CFA : Le Carcan Monétaire de la Françafrique

Au cœur du néocolonialisme se trouve toujours le franc CFA, instrument monétaire désormais remis en question dans les hautes sphères de l’Union Africaine. Des discussions avancées lors du dernier sommet panafricain – où la mise en place d’un « Eco africain » est évoquée comme alternative viable – témoignent d’une volonté farouche de se défaire des contraintes imposées par Paris. Paradoxalement, malgré l’avènement du système PAPSS et de la Zone de Libre-Échange Continentale (ZLECAf), la capitale française tente de préserver son monopole financier, alors même que près de 80 % des réserves africaines continuent d’être gérées depuis l’Hexagone.

 

Terrorisme et Bases Militaires : L’Alibi d’une Domination

Sous couvert de la « guerre contre le terrorisme », la France entretient des bases militaires stratégiques, qui, en 2025, font l’objet de vives critiques tant au niveau international qu’au sein des assemblées africaines. Des enquêtes récentes dévoilent des liens opaques entre certains contrats d’armement et des réseaux d’influence locale, exacerbant un sentiment d’injustice. La présence accrue de drones et d’équipements de surveillance dans le Sahel – souvent utilisés pour justifier des interventions sécuritaires – masque en réalité une volonté de contrôler durablement les ressources naturelles, au détriment des populations déjà fragilisées par des conflits multiples et des sanctions imposées par la CEDEAO.

 

Panafricanisme vs Paris : La Bataille des Monnaies et des Idéologies

L’émergence d’institutions panafricaines renforce la détermination à instaurer un système économique autonome. Les initiatives visant à digitaliser les échanges – avec l’adoption progressive de monnaies virtuelles soutenues par des consortiums africains – illustrent une volonté de contourner les contrats léonins imposés par des entreprises françaises telles qu’Areva ou Eramet. La récente victoire d’un référendum dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest en faveur d’une monnaie commune, inspirée du modèle éco, incarne ce rejet massif des vestiges d’un passé colonial où la formation des élites se faisait dans les amphithéâtres parisiens.

 

L’Effet Domino : Vers un Après-Françafrique ?

Les séries de coups d’État enregistrées en trois ans ne sont plus perçues comme des incidents isolés mais comme les prémices d’un basculement historique. Alors que la Russie et la Chine multiplient leurs investissements – offrant des partenariats sans conditionnalités et des financements massifs pour des infrastructures durables – Paris se retrouve de plus en plus isolée dans un monde multipolaire. Des manifestations massives à Abidjan et Dakar, relayées par des médias indépendants sur les réseaux sociaux, témoignent d’un ras-le-bol généralisé. Si le Cameroun et d’autres nations continuent d’observer, dans l’attente d’un éventuel renversement, la question se pose désormais en termes d’inévitabilité : le déclin de l’hégémonie française en Afrique ne sera-t-il pas le prélude d’un renouveau panafricain, résolument tourné vers une autonomie réelle et souveraine ?

Share This Article
Leave a comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *