Ramadan, Communauté Musulmane et La Dérive Autoritaire et Xénophobe en France

Ensemble pour une France de tolérance : Stop à la dérive autoritaire et xénophobe

Redacteur en chef
4 Min Read
Des manifestants à Paris brandissent une bannière "Stop à l'islamophobie", appelant à l'unité et la tolérance face à la montée du racisme et de l'extrême droite en France.

En tant que prêtre catholique, guidé par les principes d’amour, de tolérance et de fraternité, je me vois dans l’obligation de dénoncer la dérive autoritaire et xénophobe qui gangrène la France. Cette tendance alarmante sape les fondements de notre République et trahit les valeurs chrétiennes qui appellent à protéger les plus vulnérables et à chérir la dignité de chaque être humain.

 

Accusations infondées et stigmatisation systémique

La rhétorique anti-musulmane s’est insidieusement normalisée dans l’espace public. En 2022, Michel-Édouard Leclerc, président des supermarchés éponymes, attribuait la pénurie d’huile et de farine au Ramadan, incriminant sans preuve une communauté représentant 10 % de la population. Plus troublant encore, Jean-François Copé, alors secrétaire général de l’UMP, relatait en 2012 une anecdote infondée sur un enfant « privé de son pain au chocolat » pendant le Ramadan, alimentant un récit toxique d’incompatibilité culturelle. Ces propos, amplifiés par des médias complices, légitiment une suspicion généralisée et fracturent le tissu social.

 

Discrimination institutionnelle : du sport à l’éducation

Le secteur sportif, pourtant symbole d’unité, n’échappe pas à cette logique exclusionnaire. En 2025, la Fédération Française de Football (FFF) a interdit aux joueurs musulmans de jeûner pendant le Ramadan lors des entraînements nationaux, divisant l’équipe et suscitant des accusations de discrimination. Pire, des propositions visant à bannir le hijab dans les compétitions sportives menacent d’exclure des millières de femmes musulmanes de la vie publique.

L’éducation, pilier de l’émancipation, est elle aussi ciblée. En janvier 2025, le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) dénonçait des décisions administratives visant des écoles privées islamiques, comme le Lycée Averroès à Lille et le réseau Al Kindi à Lyon. Ces mesures, présentées sous couvert de laïcité, révèlent une volonté de marginaliser l’éducation musulmane plutôt que de dialoguer.

 

Hausse des actes haineux et mobilisation citoyenne

Les chiffres sont sans équivoque : le rapport 2023 de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) constate une augmentation de 29 % des actes antimusulmans. Cette violence, alimentée par des discours politiques et médiatiques incendiaires, traduit une banalisation de la haine.

Heureusement, l’espoir persiste. Le 22 mars 2025, des dizaines de milliers de citoyens ont manifesté à Paris et en province contre le racisme et la montée de l’extrême droite. Ce sursaut rappelle que nombreux sont ceux qui refusent de céder à la peur et à la division.

 

Un impératif moral et républicain

Notre foi chrétienne nous enjoint d’aimer sans distinction, mais c’est aussi notre héritage républicain qui exige de défendre la liberté, l’égalité et la fraternité. Les responsables politiques et médiatiques doivent cesser de diaboliser une communauté pour masquer les véritables défis socio-économiques. Promouvoir le dialogue interreligieux, sanctionner les discours haineux, et protéger les droits des minorités sont des devoirs non négociables.

La France se trouve à un carrefour crucial. Céder à la tentation autoritaire et xénophobe, c’est renier son âme. Choisir la fraternité, c’est honorer à la fois l’Évangile et la devise de notre République. En cette heure décisive, que notre conscience collective guide nos pas vers une société où la diversité n’est plus perçue comme une menace, mais comme une richesse.

Share This Article
Leave a comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *